Anantakara - aka philippe wauman - musique 'intemporaine'


Entre grain de folie et grain de beauté, il est question de Tout et de Rien. Et de l’improbable frontière qui en mesure l’incontournable démesure…

Anantakara est un projet de musique "intemporaine"(*).


Le nom du projet (**) définit à lui seul l'humble démesure: le réenchantement du monde par l'émerveillement en parcourant inlassablement la quête du point de rencontre des opposés, ce point inattendu qui régénère et accompli.

Chaque "comprovisation" (***) est une mise "en travail", une mise en présence.  Elle invite à être présent. En présence de ce lieu qui n'a pas de lieu, qui n'est nulle part dans le tout. L'investissement d'une présence qui invite au sens. La performance de musique devient un acte fait de gestes et de souffles, d'amplitudes et d'a-partitions, de traces à suivre et à soustraire, de suspensions et de silences, d'intensités et d'insondables...

Paul Klee – ce grand peintre – écrivait que tout artiste cherchait « la clé secrète de tout ». Et qu'elle se trouve dans le chaos, en « ce Rien qui n'est opposable à rien ».  Cet "en travail"  est semblable à « la fixation d'un point dans le chaos » dont Klee affirme qu'elle est « le moment cosmogénétique » préalable à toute création.

De ce rien, de ce Vide surgit un événement-acte. Qui, de pli en pli, s'éveille et s'étend comme un univers. Avec son temps propre, sa cohérence singulière, sa typologie unique, sa nécessité impérieuse. Et plus elle est impérieuse, plus dense sera sa traversée; plus il y aura de l'inattendu, du « hors d'attente », de la surprise, du réel et de l'universel. Une déchirure dans le voile du connu. « Le réel » souligne Henry MALDINEY, « est toujours ce qu'on n'attendait pas et qui, sitôt paru, est depuis toujours déjà là ». Du son à l'être. Du "corps sonore" (Jean-Paul DESSY) au choeur des sens.

La musique d'Anantakara s'inspire d'un vaste spectre: de la musique contemporaine à la musique chamanique, de l'électro aux ragas indiens, de la musique de cinéma aux affronts technos, de l'ambiant au jazz...

Polymorphe, Anantakara explore le théâtre, la performance, le cinéma, la chanson, le rock, le rituel, la contemplation, la danse...

Philippe Wauman - fondateur


(*) Néologisme créé par Jean-Paul Dessy, directeur de Musique Nouvelle.

(**) "Anantakara" अनन्तकर [an-ant'a-kara] est un adjectif sanskrit que l'on traduit par "rendering endless, magnifying indefinitely, making endless or infinite": rendu sans fin, magnifier indéfiniment, rendre indéfini ou infini. J'ai choisi cet adjectif parce qu'il rendait compte de ma praxis musicale. Partir de ce qui est déjà en quelque sorte achevé, l'a toujours été et le sera à jamais. Et conjoindre la simultaneité de l'être devenu le Multiple et le Multiple qui devient l'Un, la mouvance de l'existence entre la diversification de l'Un et l'unification du multiple. La spiritualisation de la matière et la matérialisation de l'esprit.

(***) Comprovisation. Un néologisme pour décrire une musique écrite avec des éléments d'improvisations. La notion d'écriture pour moi s'étend à la composition d'une palette d'instruments servant de base pour l'improvisation au moment de la création.  Elle rejoint aussi cette réalité de musicien: un son possède une sorte d'ADN qu'il nous revient d'explorer sous forme de thèmes, d'expositions, de tensions, de dimensions, de paysages ou d'empreintes soniques.