Transmuted By


La lumière Transfigurée

Transmuted By | la lumière transfigurée2020-05-17T22:29:21+02:00

On ne devient pas lumineux en imaginant des figures lumineuses mais en rendant les ténèbres conscientes
Carl Gustav Jung

un album plus expérimental et exigent
une bande-son thématique autour d’une citation de Jung .
Se frotter à la matière sombre pour y trouver une lumière transfigurée.

Extraits [au casque de préférence]:

videos de l’album

Chroniques

octobre 2019

Steve Sheppard

Cet album long résonne à un niveau tout à fait unique pour moi, il a une ambiance qu’il semble se manifester tout seul et cet effort tout à fait artistique fonctionnerait à merveille dans une galerie d’art moderne, comme la Tate Modern à Londres par exemple, quand on passe d’une pièce à une autre.
Le portail d’ouverture au génie s’appelle Incantations et est l’un des plus beaux exemples d’ambiances minimalistes que l’on puisse trouver ; tantôt sa profondeur et son ampleur me rappelaient le travail de l’artiste Scott Lawlor, tantôt le volume de musique qui réside dans le rien que cette composition crée, rappelle le tout premier Eno, de l’époque du Lizard Point.
J’adore ce style d’interprétation musicale, je pourrais l’écouter pendant des jours, et quand on dérive dans les bras musicaux de la prochaine pièce intitulée Incandescence, on arrive à une porte dimensionnelle de luminescence et de fluorescence, un arrangement qui utilise les claviers d’une manière si artistique, c’est difficile de dire ce qui va arriver ensuite, sa construction est tenue dans un récit de suspense, qui ronfle et brille littéralement autour de vous. La tranquillité naturelle de cette offre a une véritable qualité addictive qui est tout à fait fascinante, et au fur et à mesure que la composition avance, elle continue à développer un sens de l’énergie indéniable, mais incroyablement spacieux.
La troisième et dernière offrande de l’album s’intitule Initiations, ici nous avons quelque chose de complètement différent dans sa progression et son contenu, mais une composition qui conserve la fluidité du récit musical que le concept exige, et nous donne une incroyable, près de 40 minutes de musique à littéralement se perdre en elle. C’est une œuvre d’art si douée, la créativité de cette création est une chose si merveilleuse, un opus long comme celui-ci n’a pas besoin d’être sous-estimé, les tapisseries intelligentes du ton et du timbre semblent se transformer en diverses réalités musicales, et parfois, c’est comme si nous étions presque en voyage dans une myriade de dimensions musicales à la fois, une qui nous mène finalement à ses racines ambient originelles à sa conclusion.
Transmuted By est en effet une œuvre maîtresse du génie artisanal de l’artiste Anantakara. Pour moi personnellement, sa musique que j’adore, elle nous permet, en tant qu’auditeur, d’explorer et de naviguer dans les vastes espaces de la salle musicale. Il ne fait aucun doute que l’ambiance minimaliste dans laquelle cet album baigne, et crée, serait une toile de fond harmonieuse et atmosphérique avec laquelle se manifesteraient d’autres œuvres d’art, et un album que les fans de musique d’ambiance longue forme vont littéralement abandonner.

décembre 2019

Sylvain Lupari

La musique de TRANSMUTED BY demande une béante ouverture d’esprit. Et si la musique de Terry Riley et Steve Reich a un attrait pour vous, vous êtes à la bonne enseigne avec ce dernier opus d’Anantakara disponible en format téléchargement sur le site d’Aural Films.

On ne s’illumine pas en imaginant des figures de lumière, mais en rendant l’obscurité consciente. C’est sur ces écrits de Carl Gustav Jung que Philippe Wauman a décidé d’asseoir les bases de cet univers plein d’ambiguïtés. Distorsions, effets sonores audacieux et structures de rythme poussées par d’ingénieux effets de boucles, Incantations, comme Incandescence, charge vos oreilles, les miennes ont saignées à bien des endroits, avec une précision inouïe entre les sons et leurs doubles identités enfouies dans un univers parallèle. Après une lente ouverture où le piano joue encore avec des cordes mugissantes, Incandescence introduit des figures de rythme qui me font penser à l’univers en décadence de Synergy dans Games. D’ailleurs le passage autour de la 8ième minute est époustouflant. La puissance et sa timide réflexion sont un point fort dans ce titre qui me guide un peu mieux dans cet univers minimaliste cabalistique.

Après ces deux titres plutôt difficiles à assimiler, Initiations est un long titre qui puise parmi les éléments sombres et dissonants des deux premiers titres afin de les reconstruire dans un climat nettement plus musical. Il existe toujours de ces jaillissements sonores de l’anti-musique, sauf qu’Anantakara remet les choses en ordre juste avant que nos oreilles se mettent à souffrir. Si j’avais un parallèle à faire, ça serait avec Amarok de Mike Oldfield. Pas dans le contenu mais dans la vision colérique qui circule à travers les 40 minutes de ce titre dont les nombreuses personnalités sont plus attirées par la clarté. Le souhait de Philippe Wauman! Dur! Très dur, mais il y a de bons moments qui justifie ce dur équilibre entre la clarté et l’obscurité. C’est ce qu’on nomme maintenant de la Musique Ambiante Intelligente (MAI)